05 juillet 2008
Les carnets du potager, Contre-allées
Un plaisir de retrouver pour la 4ème fois, les poètes au potager.
Cette fois, quatre petits bijoux. Sans rire.
Magali Thuillier, Ta main autant que
Avec cette langue qui est la sienne, toujours mon amour, [...] à rechercher sans cesse comment t'aimer, quelques moments intimes et le bonheur d'être à deux. On dirait même que ça ouvre vers d'autres possibilités.
Emmanuel Flory, Couper / recoudre
Je suis vraiment séduite par cette écriture calme et limpide. Une autre façon de peindre la vie à deux.
la robe blanche le voile les roses
sur la photo ne faneront pas
sépia
Marcel Migozzi, Pommeraie comme étable
Cette pommeraie, prétexte pour réveiller des souvenirs, des sensations, des interrogations. On s'y retrouve tous un peu ici.
Pommeraie rose et blanche, qui nous en a chassés ?
James Sacré, Coudre ton enfance à demain
L'enfance, thème qui semble cher à James Sacré, et à la plupart d'entre nous d'ailleurs. On retrouve avec plaisir la simplicité et la sincérité de l'écriture de James Sacré.
On ne sait plus
Ni ce que fut l'enfance (et comment
l'entendre
Contre-allées, tarifs et souscriptions
02 juillet 2008
Accouchement de choses ~ Mohammed El Amraoui ~ Dumerchez
A défiler les paysages et les visages, semaine après semaine, l'œil s'engrosse. Et c'est de cette fécondation-là que Mohammed El Amraoui met bas sa langue, qu'il nous livre cet Accouchement de choses tout à fait somptueux.
(extrait, p.13)
La nuit oblique aussi-
une
pente de corps fatigué, comme un mégot dans la commissure du lieu.
L’aile d’un insecte, soudain, se colle sur le dormant d’une porte.
Et aussi infime ceci soit-il, ceci réveille,
entrecroise les accès possibles, tous,
à
la mémoire.
Tousse
un papier face au vent- sur la
table, face à la porte.
Portée
Accouchement de choses, Ed. Dumerchez, 2008, 17€
20 avril 2008
Dominique Quélen ~ Comme quoi ~ L'act'mem / La rivière échappée
En lisant Dominique Quélen, on se trouve face à des tableaux qui se font. Des petites formes qui progressent sous les yeux, montent puis s'effondrent tandis que d'autres, déjà, s'avancent. Et dans le lot, quelques tableaux "parfaits" se hissent et se stabilisent, avec cela de particulier que, dans cet arrêt, leur reste une stupéfiante forme de vélocité. Vélocité de la pensée de DQ. Vélocité de l'œil, de tout ce qui sert à saisir l'avant ou l'arrière-plan grignoté. On marche sur des œufs écrit Maryline Desbiolles (4ème de couverture). Et c'est cela même cette drôle d'impression: vélocité sur champ d'œufs.
Comme quoi vient, après Petites formes et Sports, compléter le cycle des petites formes.
Extrait (p. 18)
plage de Coxyde. Les nuages avancent droit. La digue, pierres et briques alternées, poignées d'herbes dans les jointures. Clarté de l'air uniformément répartie. Moteurs lointains (hors des opérations du jour). Flaques d'ombre en mouvement. Fille tenant un poids mort à la main: une apparence d'algues et de cordes. Sac hermétique à transpiration sèche. Les pensées viennent par à-coups. jambes nues. Bottes jaunes. Mi-Avril
Comme quoi, L'act'mem / La rivière échappée, 2008, 11€
10 avril 2008
Amandine Marembert ~ à perpète ~ pré#carré
à perpète, c'est un adieu à la grand-mère perdue. Grand-mère partie avant d'avoir pu savoir ce que donnerait son jardin. Une voix sensible où l'émotion de cette perte nous ravive les nôtres.
pré#carré nous offre une nouvelle fois un bel objet/livre.
Il m'a fallu éclaircir les carottes
pour mettre de l'ordre
dans ma tête
mais la mauvaise herbe
y est dure à arracher
les lignes de l'avenir
n'apparaissent pas clairement
mes larmes sont de l'eau d'arrosage
trop chaude
qui sourdent d'un puits sans fond
à perpète, pré#carré, 52 quai perrière, 38000 grenoble, 6 €
