02 juillet 2008
Fabienne Swiatly ~jusqu'où cette ville ~Publie.net
Voilà ce que dit Fabienne Swiatly de la genèse de ce texte: Cette ville. Je la connais bien ou du moins c’est la ville de France
que je connais le mieux. Je n’ai jamais pu dire que je l’aimais. Tout
au plus que je m’y sens bien mais toujours avec le sentiment que
quelque chose m’échappe. Une ville, une grande ville c’est difficile
à saisir. Ses limites, ses contours sont imprécis, fuyants. Alors j’ai
voulu la regarder avec en moi cette question : une ville cela commence
où ? cela se finit comment ?
Le texte est accompagné de photos de Jean-Pierre Maillet
extrait p. 2
Jusque sous le drapeau français où attend la file des
visiteurs de la prison qui porte le nom d’un saint.
Mouvement paresseux du tissu tricolore malgré le vent.
À bout de bras des sacs plastiques aux couleurs vives, la
marque lisible au centre. Le linge propre amené aux
hommes que l’odeur de lessive émeut sans qu’il puisse
trouver un lieu où pleurer. Le muscle énervé du peu
d’espace. Cour de promenade plus petite que la fosse
aux ours du parc. Sous le ciel prisonnier du grillage, des
hommes réunis avec ce qu’il y a de plus difficile à
partager en eux.
Jusqu'où cette ville (jusque là où les hommes), Publie.net / forme brève, 1,30€
30 juin 2008
Revue - Les états civils
Les Etats Civils
Poésie documentaire & textes courts
http://etats.civils.free.fr
Après deux ans d'existence, cette revue en ligne réunit des poèmes de quatre auteurs édités aux Carnets du Dessert de Lune, Fanny Chiarello, Jean-Marc Flahaut, Daniel Labedan et Thomas Vinau, mais propose aussi des textes de Jean-Pierre Ceton, Roger Lahu ou Lucien Suel (numéro 3) , des traductions inédites de Raymond Carver (numéro 5), de Billy Collins (numéro 4), ou encore des travaux de poètes peu connus ou tout à fait inconnus. Le site Les Etats Civils se veut comme un espace où l'ordinaire sert de base à des variations littéraires multiples, ces variations ayant pour point commun une simplicité trompeuse.
27 avril 2008
Claude Favre ~ Des os et de l'oubli ~ Publie.net
Je ne parlerai pas de Claude Favre, bien sûr, car cela ne lui plairait pas. Quelques mots sur son travail (cette matière qui la travaille au dedans), simplement, que j'emprunte à Fred Griot: je n’irai pas par quatre chemins : souvent lorsque je me demande quelles sont
les voix les plus marquantes, disons de ces 30 dernières années grosso modo, et
bien me reviennent toujours, sans trop réfléchir, ces noms : Koltès, Tarkos,
Collobert… et puis Claude Favre… et comme il l'ajoute, ça envoie du gros.
Les textes parus dans Des os et de l'oubli - qui ont étés lus lors de la nuit remue 2 - font partie d'un plus vaste ensemble Autopsies, comprenant également Le cadavre c’est désordre, Par métahèse du R sous l’influence d’un mot comme bougre, Sang.S, Encreux, et ici est la rose, ici il faut danser.
Ici, une page manuscrite de Des os...
et pour le coup on sait plus très bien s'il faut ou tenir ou tirer la langue comme l'homme la parle (p. 3)
Des os et de l'oubli, Publie.net, avril 2008, 5,50€
11 avril 2008
Jacques Josse ~ Dormants ~ Publie.net
A travers ce triptyque, Jacques Josse s'installe dans la voix de ses absents. Il doit s'arrêter. Reprendre pied. Détecter ce que disent les ruines. Ces absents geignent, se parlent, se répondent faiblement. Cela à lieu au plus feutré de la nuit, quand le va-et-vient des voitures sur la nationale s'estompe. Et lorsqu'on passe dans ces pages, on se retrouve comme cette tête de cheval en train de mâcher le vent d'ouest à la porte d'un box. A mâcher ce vent du couchant. Ce vent léger de nos couchés,... de nos propres Dormants peut-être.
Son crabe intérieur, qui fut d'abord simple tache lovée entre thorax et côtes flottantes, s'avère fidèle. Il ne mollit pas. Ces jours-ci, il affûte même ses pinces en s'attaquant à la dureté des os. (p31)
Publie.net / Collection formes brèves / 1,30€
