Tombés du ciel

Tous les livres tombés du ciel par l'équipe du site terre à ciel (http://terreaciel.free.fr)

30 juin 2008

Chantal Couliou ~ Pour apprivoiser le vent

Donner à voir l’impalpable. Montrer la présence de l’air. Du vent.

Dans sa force ou sa légèreté. Voilà ce que proposent ici les mots de Chantal Couliou. A travers de courts poèmes elle réussit à photographier l’invisible. Un peu de pluie traverse en biais ces pages et mouille les encres d’Annie Bouthery. Il est vrai que dans ses territoires pluie et vent viennent main dans la main de l’ouest : le poète est aux premières loges pour observer, vibrer avec les éléments. 

Pour apprivoiser le vent, S’éditions, 11.50 

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Isabelle Guigou ~ Le parfum des pierres aveugles

parfum_des_pierres_aveugles[Que cherches-tu]

Ainsi commence cette suite de poèmes… Ce retour sur soi. Sur l’enfant qu’on a été. On a tous été confronté à cela. On en a tous envie. Peur aussi. Et lorsque la rencontre se fait, lorsqu’on se croise ainsi, dans une lointaine rue, dans un paysage ancien, dans une maison si grande qu’on s’y perdait… dans le rire et sous les larmes…

On plisse un peu les yeux. Histoire de dénouer les ombres. D’apercevoir le tremblé d’un jeu, d’un geste, d’une parole. Un souvenir comme un film. Qui revient. On se croise. On voudrait se parler. Se dire… Quel temps invisible nous sépare… Le son ne passe pas. La main dans les cheveux non plus. Et ceux qui se tiennent dans l’image ont pris du sépia sur leurs joues.

Un grand silence nous habite alors. On s’y tient. Et s’y libère.

On revient pour mieux continuer. Pas pour pleurer, malgré l’émotion, mais bien pour rire !

On l’aura compris, ce texte soulève en moi des souvenirs de rues, de maisons, de poissons rouges… mais je ne vais pas vous raconter ma vie. Plongez plutôt dans le parfum des pierres aveugles…

Le parfum des pierres aveugles, éditions Clarisse, 10

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Ciel de traîne ~ Chantal Couliou

ciel_de_traineJe ne connais pas Brest. Chantal Couliou y habite. Elle me prend par les mots et m’entraîne de nuit dans les rues. Une ville la nuit. Une poète qui marche. Qui tâtonne dans les mots d’encre. Qui fait des traces de poèmes sur son carnet de voyage. Qui cherche l’histoire d’une ville tragique. Qui guette à l’affût la sienne propre. Et celles des autres qu’elle aperçoit, croise Et toujours l’océan pour autant verrouiller la marche que pour inviter au départ. Vers l’ailleurs. Cet ouest de légendes à la poursuite du soleil. Ici c’est la nuit. Le jeu des lampadaires, des phares. Des bourrasques de pluie. Des reflets. Du vent. Et du raffut des goélands !

Une suite prenante, poignante. Je ne connais pas Brest. Je ne me souviens pas de la pluie ce jour là Barbara mais à la suite de cette lecture, j’irai bien marcher sur ces trottoirs mouillés

Ciel de traîne, éditions Clarisse, 5

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Carlo Bordini ~ Poussière / Polvere

poussiereLa poésie : l’éloge de la perte. On est en plein dans le tas. De poussière.

Le poète ici est un peu moins que ce qu’on croit qu’il est, que ce qu’il croit être. Il perd. Il s’allège.

[Je suis content

si de moi ne reste qu’une légère

enveloppe]

Plus il avance dans la vie, plus il va vers la poussière, moins il sait.

[Il est beau de ne pas savoir. Ne pas savoir, par exemple,

combien je vivrai, ou combien vivra la terre.

Cette suspension

remplace l’éternité]

Ce long poème interroge. Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que vivre ? Comment partager cet émerveillement ? Ces plaisirs des sens ? Une méditation simple et tranquille, avec un léger sourire amusé…

Un long poème ; un bel homme !

Poussière / Polvere, Traduit de l’italien par Oliver Favier, alidades, 5.50

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David Dumortier ~ Lettres à un homme noir qui dort

[La poésie est une tache invisible.]

Splendide petit livre accordéon jaune, en typographie ; long et mince ; présenté dans une couverture rouge. Des lettres. Des missives. Courtes. Fortes. Pleine de tendresse. De respect. La quatrième de couverture annonce : « On n’ose pas toujours écrire à quelqu’un qu’on aime... »

[C’est la nuit qui éclaire le mieux

Sa peau noire.]

Et pourtant. Quoi de plus simple. De plus beau. Qu’est-ce qui nous empêche ? Timidité ? Pudeur ? Peur du ridicule ? Ici, les mots osent. Ils disent. Ils s’offrent. Avec justesse. Avec bonheur.

[Les dix lunules de ses mains

Et la pleine lune

Brillent dans ma chambre.

Laquelle choisir pour m’endormir ?]

Un livre rare. Dans tous les sens du terme (700 exemplaires). Un livre à lire et à relire. Un livre à vivre aussi. Oser l’amour. Oser dire…

[Il a encore été contrôlé. Aujourd’hui.

La police l’aide à ne pas oublier

Qu’il est noir.]

Lettres à un homme noir qui dort, Colophon, 9 €

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Christian Poslaniec ~ Comme une pivoine

pivoineQu’est-ce qui fait écrire ? Le langage ! semble répondre ici Christian Poslaniec. Le langage lui-même génère de l’écriture, du texte, de la parole. De la langue. Le langage comme lieu d’expérimentation du monde.  Le langage comme fait social. Le langage qui fait mémoire de l’expérience humaine. Qui rassemble un groupe d’humains autour de ses mots. Dans le dictionnaire au mot proverbe on peut lire : formule figée exprimant une vérité d’expérience, un conseil, et connue de tout un groupe social.

Les 22 poèmes de ce recueil ont chacun pour titre un demi proverbe. Le poème qui suit ce titre développe sur le mode humoristique le proverbe en question. Comme un jeu de langue. Comme une illustration. Un petit théâtre.

A la lecture de ces poèmes le lecteur entre de plein pieds dans la langue française. Tous ces proverbes ne seront pas forcément connus des enfants. Ce sera donc un premier chemin de lecture.

Comme une pivoine, éditions du Jasmin, 9.9 €

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François David ~ Jean qui rit Jean qui pleure

jeanquuiVoici un recueil qui est construit autour de deux verbes : rire / pleurer. Chaque poème tourne autour de l’un d’entre eux, soit les combine et les mélange tant il est vrai que du rire aux larmes et des larmes aux rires il n’y a parfois qu’un hoquet.

Vingt-cinq poèmes. Plutôt courts. Sans rime. Faut-il le rappeler encore et toujours la rime ne fait pas le poème ! Elle n’est pas indispensable à la poésie ! Pour les enfants qui associent généralement spontanément rime et poésie il sera important de le rappeler !

Jean qui rit et Jean qui pleure, éditions du Jasmin, 9.9 €

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10 juin 2008

Le fil des jours ~ Marylise Leroux ~ Donner à Voir

fil_joursDes poèmes au fil des jours. Dédiés chacun ou presque tous, à une personne. Le fil des jours. Le fil de la vie. Le fil du jardin. Le temps qui passe. La lumière. La douceur. L’envie de vivre plus haut que le jour. Les mots pour effleurer cet essentiel.

 

Un livre de silence et de respect.


Le fil des jours, Donner à Voir, 2007, 11€

 

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L’été sorcier ~ Marie Desmaretz ~ Donner à Voir

ete_sorcierPour le Méditerranéen que je suis, comment ne pas souscrire à cet été sorcier imprimé sur papier recyclé jaune soleil ? et accompagné des gravures solaires de Titi Bergèse.

 

Et même si cet été du nord semble un peu moins vibrer que celui des garrigues, je m’y sens bien à ma place. Dans la joie. Dans l’exubérance. Dans tout ce qui nous rend solaire et nous traverse : ce lent mûrissement des jours jusqu’au repos de la graine. Jusqu’au retour des bus scolaires dans la campagne.

 

Un livre à lire en été, à l’ombre et dans son hamac ou bien en hiver, près de la cheminée de braise avant le coucher : pour survivre à l’obscur.


L'été sorcier, Donner à Voir, 2007, 6,50€

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27 avril 2008

Jean-Michel Bongiraud ~ Pour retendre l’arc de l’univers ~ Gros textes

Je retrouve dans ce livre la voix douce amère de Bongiraud. Il y a la terre, la nature et toute ses beautés … mais tellement soumise à l’homme. Comment a-t-elle pu créer ce bipède qui lamine son corps ? Il y a ce peuple d’humains qui voudraient tant révolutionner le monde, voire le sauver mais qui n’y arrive pas… Trop soumis à ses instincts, à ses égoïsmes… Trop prisonnier de son angoisse existentielle… Il crie mais personne ne répond… ni ici ni dans l’espace…. Et il y a nous… ceux qui parmi ce peuple espèrent, cherchent à développer cette révolution… ce nous qui finira bien par regrouper toutes ces individualités dispersées… Le poète n’est pas désespéré. Lucide, oui. Mais pas désespéré. Reste à attendre que le levain fermente… que la pâte humaine gonfle… La poésie ferait-elle partie de ce levain ?
Sans doute…

Pour retendre l’arc de l’univers, Gros textes, 8€

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