07 décembre 2008

Amandine Marembert ~ L'ombre des arbres diminuent à certaines heures du jour ~ Wigwam

Dans son recueil L’ombre des arbres diminue à certaines heures du jour (éditions Wigwam), Amandine Marembert évoque la difficile épreuve d’un enfant mort-né,  événement terrible qui laisse la mère abasourdie :

Que dire à celle qui a perdu la vie

qu’elle était sur le point de donner

Que la vie continue

qu’il y a un après

formules creuses comme une bouteille vide

Il faut lui rappeler

que l’ombre des arbres diminue

à certaines heures du jour

Douze poèmes racontent le vide creusé par l’absence, dessinent le portrait de la femme qui doit lutter contre elle-même et se résoudre à accepter le sort :

Elle portera une ombre au fond du bassin

qui grandira au soleil de midi

qui se répandra la nuit tombée

Elle tentera de l’apprivoiser

Mais ne pourra s’en détacher

Il lui faudra composer

avec la face cachée de la lune

Le  paysage hivernal apparaît tel un effet du chagrin  : le froid, le gel, le vent, la neige, autant d’éléments qui renvoient à la douleur de la perte :

L’enfant

qui a mis d’emblée sa vie entre parenthèses

restera un rai de lumière sous une porte

qui ne s’ouvrira jamais

Le trou de la serrure retiendra un visage de gel

de janvier sec

de perce-neige à peine éclos

dans la terre du jardin

La douleur devient compagne, la nature tombeau. Dans L’ombre des arbres diminue à certaines heures du jour, Amandine Marembert effleure avec délicatesse une épreuve cruelle, et ses poèmes composent sur la page blanche le chant vibrant d’une mère désolée.

Par Cécile Thibesard

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